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Les plus belles cascades du Liban : 8 chutes qui valent le détour

La plupart des cascades du Liban sont alimentées par la fonte des neiges : c’est donc au printemps qu’il faut y aller. En voici huit qui valent le trajet, avec des conseils sur le moment et la façon de les voir.

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Partout au Liban
Les plus belles cascades du Liban : 8 chutes qui valent le détour

Le Liban est un petit pays où beaucoup d’eau dévale beaucoup de calcaire. La neige s’accumule sur le Mont-Liban tout l’hiver, s’infiltre dans la roche et ressort au printemps par des grottes, des sources et des falaises. Voilà pourquoi la plupart des cascades du pays grondent le plus fort de mars à mai et sont bien plus maigres à la fin août.

Cette liste conserve les vraies cascades de l’ancienne version de cette page et retire celles que nous n’avons pas pu confirmer. Plusieurs se visitent en une journée depuis Beyrouth, et la plupart se combinent bien avec un déjeuner au village, une courte randonnée ou un domaine viticole sur le chemin du retour.

Notre méthode de sélection

Nous avons choisi des cascades bien documentées, accessibles en voiture puis par une marche raisonnable, et qui valent le trajet autant pour leur cadre que pour l’eau. Nous avons vérifié les emplacements et les faits essentiels auprès des sites des réserves, d’encyclopédies et des médias de voyage libanais. Nous ne les avons pas classées par hauteur, car les hauteurs publiées varient beaucoup selon les sources. Deux entrées de l’ancienne liste (Balou Balaa et Baatara) désignaient le même lieu : elles n’en font plus qu’une.

1. La cascade de Jezzine (Jezzine, Liban-Sud)

Perchée à environ 950 m au-dessus de Saïda, Jezzine se surnomme la « ville des cascades ». La chute principale tombe d’une falaise juste en bordure de la ville, et au printemps, on l’entend avant de la voir. D’anciens articles répètent souvent qu’elle est l’une des plus hautes du monde ; c’est faux, mais la cascade est haute (les sources avancent des chiffres allant jusqu’à environ 90 m) et le cadre est charmant, avec ses maisons de pierre, sa forêt de pins et la vallée qui s’ouvre en contrebas.

Faites-en une journée : parcourez le vieux souk, où les artisans de Jezzine fabriquent depuis des générations des couteaux aux manches incrustés (Haddad Cutlery est le nom de famille le plus connu), et visitez la grotte associée à l’émir Fakhreddine. Pour du vin sur le chemin du retour, Terre Brune produit des vins d’altitude dans la région de Jezzine. Conseil : les restaurants avec vue près de la cascade sont bondés le dimanche après-midi, allez-y donc le matin.

2. La cascade et la grotte d’Afqa (Afqa, caza de Jbeil)

À environ 1 200 m d’altitude, dans les montagnes derrière Byblos, le Nahr Ibrahim (l’antique fleuve Adonis) jaillit d’une immense grotte calcaire ouverte dans une paroi et dévale dans la vallée. C’est le lieu du mythe d’Adonis : on disait qu’il y était né et y avait été tué, et la terre rouge qui colore le fleuve après les orages de printemps était vue comme son sang. Les ruines d’un temple dédié à Aphrodite se dressent près de la grotte.

La route qui monte par Qartaba ou Lassa fait partie du plaisir, avec ses gorges profondes et ses villages en terrasses. Venez au printemps pour un débit maximal. Si vous voulez passer la nuit, La Reserve Afqa est une maison d’hôtes située dans le village même. Conseil : les rochers près de l’entrée de la grotte sont glissants et le courant est fort, admirez-la donc depuis le sentier.

3. La cascade du gouffre de Baatara (Tannourine, caza de Batroun)

Sans doute la cascade la plus photographiée du Liban. L’eau de fonte se déverse derrière trois ponts calcaires naturels superposés et disparaît dans le gouffre de Balaa, un abîme profond creusé dans la roche jurassique. Documentée par un spéléologue français en 1952, elle se trouve aujourd’hui sur le Lebanon Mountain Trail, près du village de Chatine, sur la route de Laklouk à Tannourine.

Depuis le parking, une courte marche descend jusqu’aux plateformes d’observation, ce qui convient aux familles. La cascade ne coule vraiment que pendant la fonte printanière (environ de mars à mai) ; en été, on voit les ponts et l’abîme, mais peu d’eau. Conseil : combinez-la avec la réserve naturelle de la forêt de cèdres de Tannourine, à quelques minutes en voiture.

4. Qannoubine et les cascades de la vallée de la Qadisha (région de Bcharré, Liban-Nord)

La vallée de la Qadisha, la Vallée sainte des maronites, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO avec les Cèdres de Dieu qui la dominent. La fonte des neiges du mont Makmel alimente le fleuve Qadisha, et au printemps, de fines cascades dévalent les falaises près du monastère de Qannoubine et autour de la grotte de la Qadisha, sous Bcharré.

Le mieux est de les découvrir à pied : descendez dans la vallée depuis la route au-dessus de Qannoubine et poursuivez par le sentier qui longe la rivière vers Deir Mar Lichaa, un monastère creusé dans la roche. Bcharré possède le musée Gibran et des vergers de pommiers sur les pentes ; Les Vergers des Cèdres est un producteur de Bcharré à découvrir. Conseil : portez de bonnes chaussures, car les sentiers sont raides et caillouteux.

5. La cascade de Kfarhelda (Kfarhelda, caza de Batroun)

Le Nahr el Jawz traverse les villages de Kfarhelda, Beit Shlela et Bsetine el Ossi, à environ 70 km de Beyrouth, en irriguant des vergers en chemin. Au-dessus de Kfarhelda, il tombe en une série de cascades dans des bassins verts, et la sortie classique est une marche de quelques heures le long de la rivière, du village jusqu’à la source, avec de vieilles marches en pierre sur les passages les plus raides.

C’est l’une des rares cascades également agréables en été, quand des groupes de randonnée locaux organisent des journées « rando et baignade » et que l’on se rafraîchit dans le bassin. Dale Corazon fait partie des organisateurs qui ont proposé cette marche. Conseil : prévoyez des chaussures d’eau et un sac étanche.

6. Ouyoun el Samak (à la limite du Akkar et de Denniyé)

À environ 30 km au nord-est de Tripoli, les « sources des poissons » forment une chaîne de lacs émeraude dans une vallée boisée, reliés par des ruisseaux et une cascade que l’on peut admirer de près depuis une passerelle suspendue. Piscicultures de truites et restaurants au bord de l’eau bordent la route, et la truite grillée est le déjeuner de rigueur.

C’est loin de Beyrouth (environ 95 km), la plupart des visiteurs combinent donc la visite avec une randonnée dans les collines environnantes. Conseil : en semaine, c’est beaucoup plus calme que les dimanches d’été.

7. La cascade de Baakline (Baakline, Chouf)

Baakline, à environ 45 km au sud-est de Beyrouth, fut la capitale du Mont-Liban jusqu’au début du XVIIe siècle. Sa cascade est plus douce que les autres de cette liste ; son attrait tient à la couleur bleu-vert de l’eau et aux restaurants ombragés qui la bordent. Elle s’intègre parfaitement à une journée dans le Chouf avec Deir el Qamar et Beiteddine.

Au village, l’ancien sérail abrite aujourd’hui la Bibliothèque nationale de Baakline, et Bkerzay, tout près, est un atelier de céramique et un domaine réputé pour sa poterie artisanale. Conseil : l’automne est agréable ici aussi, même quand le débit est plus faible.

8. Jisr el Hajar et Nabaa el Laban (Kfardebian, Kesrouan)

Ce n’est pas une grande cascade classique, mais l’un des sites aquatiques les plus saisissants du Mont-Liban. Un immense pont de pierre naturel, Jisr el Hajar, enjambe un ruisseau alimenté par la source de Nabaa el Laban au-dessus de Kfardebian, et à la saison de la fonte des neiges, l’eau s’y précipite et ruisselle entre les rochers. Les ruines du temple romain de Faqra sont toutes proches.

La section 13 du Lebanon Mountain Trail passe par ici entre Faraya et Kfardebian, vous pouvez donc la découvrir dans le cadre d’une vraie randonnée. Conseil : en hiver, la région est une zone de ski et la route peut être verglacée ; la fin du printemps est idéale.

Conseils

  • Venez entre mars et mai pour un débit important. En septembre, Baatara et les cascades de la Qadisha peuvent être presque à sec.
  • Ne vous baignez pas au pied des grandes cascades ni à l’entrée des grottes : les courants et les chutes de pierres sont de vrais risques. Baignez-vous uniquement dans des bassins calmes comme ceux de Kfarhelda.
  • Portez des chaussures qui accrochent. Le calcaire mouillé est très glissant.
  • Remportez vos déchets. Beaucoup de ces lieux n’ont pas de poubelles et comptent sur les visiteurs pour rester propres.
  • Les routes de montagne sont étroites et sinueuses : prévoyez plus de temps que ne l’indique la carte et partez tôt.
  • Pour l’extrême nord et le sud, renseignez-vous sur les conditions locales et les conseils aux voyageurs avant de partir.

Pour de plus longues marches autour de plusieurs de ces cascades, consultez notre sélection des meilleurs sentiers de randonnée du Liban, et pour une journée complète dans le sud, notre guide de Jezzine.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur moment pour voir les cascades au Liban ?
Au printemps, environ de mars à mai, quand la neige des montagnes fond. Beaucoup de cascades, dont Baatara, se réduisent à un filet d’eau à la fin de l’été.
Quelle cascade du Liban est la plus proche de Beyrouth ?
Jezzine et Baakline sont toutes deux à environ 40 à 45 km de Beyrouth, soit à peu près une heure de route selon la circulation. Afqa et Kfarhelda demandent plutôt 1 h 30.
Peut-on se baigner dans les cascades libanaises ?
Dans quelques bassins calmes, comme ceux qui jalonnent la rivière à Kfarhelda, oui. Évitez de vous baigner au pied des grandes cascades ou à l’entrée des grottes comme à Afqa, où les courants sont forts.
Le gouffre de Baatara et Balou Balaa sont-ils le même lieu ?
Oui. La cascade du gouffre de Baatara et Balou Balaa sont deux noms pour la même cascade près de Tannourine, qui chute derrière trois ponts naturels dans le gouffre de Balaa.

Sources et lectures complémentaires

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