Guide de voyage

Street food à Beyrouth : où les locaux mangent falafels et manouché

Beyrouth mange sur le pouce, de la manouché de l’aube au shawarma de minuit. Voici les comptoirs historiques et les plats qui valent la traversée de la ville, avec un programme pour une journée bien gourmande.

Région
Beyrouth : Achrafieh, Hamra, Gemmayzé
Durée nécessaire
Une journée, ou quelques soirées
Meilleure période pour visiter
Toute l’année, le matin et le soir
Street food à Beyrouth : où les locaux mangent falafels et manouché

Une partie de la meilleure cuisine de Beyrouth coûte très peu et se sert enveloppée dans du papier. La cuisine de rue de la ville est surtout préparée dans de petites boulangeries et des comptoirs à sandwichs qui font la même chose depuis des décennies : une échoppe de falafels ouverte en 1933, une boulangerie arménienne de 1946, des pâtissiers dont les recettes remontent au XIXe siècle. Les habitants y sont très fidèles, et la file d’attente reste généralement le meilleur des avis.

La vieille idée de manger dans le « centre-ville » de Beyrouth ne correspond plus tout à fait à la ville d’aujourd’hui. Les souks de Beyrouth reconstruits et la place des Martyrs sont chics mais calmes, et c’est dans les quartiers alentour qu’on mange vraiment : Achrafieh et Gemmayzé à l’est, Hamra à l’ouest, et le quartier arménien de Bourj Hammoud de l’autre côté du fleuve. Ce guide reprend aussi les adresses locales adaptées aux familles de notre ancien article d’excursion d’une journée.

Que manger

La manouché au petit-déjeuner

La journée commence par une manouché (au pluriel manakish), une galette cuite dans un four très chaud avec du zaatar et de l’huile d’olive, ou avec du fromage akkawi fondant, ou moitié-moitié. Les boulangeries de quartier (furn) les préparent à la demande en quelques minutes. Demandez des tomates, de la menthe et des olives roulées dans celle au zaatar. À Hamra, Furn Abed al Aziz est une adresse bien connue. Vous pouvez aussi les préparer vous-même avec notre recette de manakish au zaatar.

Falafels

Falafel Sahyoun, sur la rue de Damas, frit des falafels depuis 1933, et deux boutiques familiales se tiennent désormais côte à côte sur l’ancienne ligne verte, chacune avec ses clients fidèles. Le sandwich est simple : falafels chauds, tomates, persil, navet mariné rose et tarator (sauce au tahini) dans un pain fin. Falafel Freiha, près de la place Sassine à Achrafieh, est l’autre grand nom historique de l’est de la ville.

Lahm bi ajin et fatayer

Ichkhanian Bakery, à Zokak el Blat, fait du pain depuis 1946 et est célèbre pour ses lahm bi ajin, de fines tartes à la viande assaisonnées à l’arménienne, dont une version relevée à la grenade. Autour de la rue Bliss, près de l’AUB, des comptoirs vendent des fatayer aux épinards, des chaussons triangulaires acidulés au sumac et au citron.

Shawarma et kafta

Le shawarma est partout, mais l’arrêt classique de fin de soirée reste Barbar, rue Spears, ouvert jour et nuit et réputé pour son sandwich kafta, son shawarma et ses jus frais. Demandez du toum (sauce à l’ail) et des pickles. À Achrafieh, Boubouffe grille son shawarma au charbon de bois.

Foul, hommos et fatteh

À Beyrouth, le petit-déjeuner du week-end, c’est souvent une assiette de foul moudammas (fèves chaudes à l’ail, au citron et à l’huile d’olive), de msabbaha (pois chiches chauds au tahini) ou de fatteh, servie avec de l’oignon cru, de la menthe, des radis et une corbeille de pain. Les petites échoppes spécialisées ouvrent à l’aube et ferment vers midi, une fois les marmites vides. Demandez un peu de chaque pour partager.

Douceurs et booza

Pour une douceur, goûtez la knafeh, une pâtisserie chaude à la semoule sur un fromage fondant, imbibée de sirop, que l’on mange au petit-déjeuner dans un pain au sésame. Amal Bohsali, un nom familial de la pâtisserie depuis 1878, la prépare à la façon de Naplouse. Dans les souks de Beyrouth, Al Antabli sert depuis 1936 des cocktails de fruits nappés d’achta (crème caillée). En été, terminez par une booza, une glace élastique épaissie au sahlab et parfumée au mastic, chez Hanna Mitri à Achrafieh.

Une journée gourmande type

Matin

Commencez à Hamra par une manouché fromage et zaatar dans une boulangerie du coin, accompagnée d’un café. Descendez la rue Bliss pour un fatayer et une coupe de fruits à l’achta. Si c’est samedi, prenez un taxi jusqu’à Souk el Tayeb, le premier marché de producteurs du Liban, qui a quitté Mar Mikhael pour un espace plus grand à Jisr al-Wati, où des producteurs de tout le pays vendent fromages, pain, mouneh et en-cas chauds.

Après-midi

Partez vers l’est jusqu’à la rue de Damas pour un sandwich falafel chez Sahyoun, puis montez à pied jusqu’à Gemmayzé. Le Chef, rue Gouraud, sert depuis des décennies des plats libanais familiaux comme la mloukhieh et des ragoûts : c’est l’adresse pour un vrai plat du jour. Plus tard, prenez un taxi de l’autre côté du fleuve jusqu’à Bourj Hammoud pour des en-cas arméniens comme les sandwichs au soujouk et au basterma.

Soir

Terminez par une booza à Achrafieh, ou faites comme les Beyrouthins et finissez la nuit chez Barbar avec un sandwich kafta bien après minuit.

Conseils pratiques

  • La plupart des petites adresses n’acceptent que les espèces. Ayez sur vous des livres libanaises en petites coupures et quelques dollars américains.
  • Mangez là où le débit est important, surtout pour les falafels et le shawarma, qui sont meilleurs tout juste sortis de la friteuse ou de la broche.
  • Beaucoup de boulangeries connaissent leur plus forte affluence entre 7 h et 10 h. Dans les meilleures, le pain s’épuise tôt.
  • Avec des enfants, une halte manouché et une halte booza font toujours mouche, et la plupart des comptoirs préparent des versions nature au fromage, sans épices.
  • Les végétariens mangent très bien ici : falafels, manakish, fatayer, foul et hommos sont tous sans viande.
  • Les horaires changent souvent. Consultez les publications récentes d’une adresse avant de traverser la ville pour y aller.

À proximité

Digérez le déjeuner en longeant le front de mer grâce à notre guide de Beyrouth côté mer. Pour cuisiner les classiques chez vous, essayez nos recettes de falafels et de shish taouk, ou commencez par notre liste des plats libanais à goûter.

Questions fréquentes

Quelle cuisine de rue fait la réputation de Beyrouth ?
Beyrouth est surtout connue pour la manouché au zaatar ou au fromage, les sandwichs falafel et shawarma, le lahm bi ajin, les fatayer aux épinards, la knafeh et la booza. La plupart se vendent dans de petites boulangeries et des comptoirs plutôt que dans des stands de rue.
Où manger les meilleurs falafels de Beyrouth ?
Falafel Sahyoun, sur la rue de Damas, ouvert depuis 1933, est le plus célèbre. Falafel Freiha, près de la place Sassine à Achrafieh, est une autre adresse appréciée de longue date.
La cuisine de rue est-elle bon marché à Beyrouth ?
Oui, une manouché, un sandwich falafel ou un fatayer comptent parmi les repas les moins chers de la ville. Prévoyez des espèces en petites coupures, car de nombreux comptoirs n’acceptent pas les cartes.
La cuisine de rue de Beyrouth convient-elle aux enfants et aux végétariens ?
Tout à fait. La manouché au fromage, les falafels, le hommos et la booza plaisent à la plupart des enfants, et de nombreux en-cas classiques sont naturellement végétariens.

Sources et lectures complémentaires

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